Artiste plasticienne diplômée des Beaux-Arts d’Angers, Améliane Jouve vit et travaille près de Nantes. Elle développe un travail d’installation mêlant principalement sculpture et écriture. Sensibles aux matériaux et aux gestes qui les façonnent, elle accorde une importance particulière au processus créatif et à la recherche conceptuelle, matérielle et formelle.

Ses œuvres interrogent la relation que nous entretenons aux lieux et aux paysages, aux autres et aux ailleurs, aux limites et leurs franchissements. Inspirée par la cartographie, les paysages, ses expériences d’habiter et ses voyages, elle a développé un travail autour de la problématique du territoires et de son appréhension.
La frontière, par ses modalités de passages et ses enjeux d’obéissance, a été un élément centrale dans les réflexions de l’artiste. Aujourd’hui, elle s’intéresse davantage aux pratiques funéraires et ce qu’elles révèlent de nos volonté de nous prémunir contre l’oubli. Les gestes rituels, la reconnaissance et la commémoration des défunts sont pour elle des actes symbolique pour faire exister par la mémoire.

En contradiction à l’autorité ou la gravité qui peut se dégager des sujets qui animent son travail, les installations d’Améliane expriment une certaine fragilité. Le visage en savon se dissout, le mur en papier tombe, la carte en terre est piétinée, le sel se disperse… Cette précarité place le visiteur dans une posture entre pouvoir et responsabilité, face au choix de préserver ou de détruire. L’œuvre est ainsi inscrite dans une temporalité qui met en lumière sa ruine à venir.

Interdiction et franchissement, tentative de maintien ou abandon à la décrépitude, le travail d’Améliane Jouve tend à révéler l’instabilité de l’habiter et l’impermanence des formes et des existences